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Etudes des trajectoires lors de la conversion, l’interview de Capucine Simon

Capucine Simon, originaire de la Manche est en dernière année de formation ingénieur agronome à AgroParisTech en spécialité Elevage et filières Durables et Innovantes (EDEN). Elle intervient dans le projet BioViandes en tant que stagiaire pour une durée de 6 mois. Nous lui avons posé quelques questions sur son rôle au sein du projet.

Capucine, peux-tu nous en dire plus sur l’objet de ton stage ?

Mon stage consiste à identifier des trajectoires types lors de la conversion en bio d’élevages allaitants qui engraissent au maximum à l’herbe sur le territoire du Massif Central. Cela permettra de mieux comprendre les difficultés rencontrées par les éleveurs pour produire et commercialiser leurs produits, et de les faire remonter à l’aval. Produire de la viande bio à l’herbe, c’est un double défi : à la fois sur le plan technique, mais aussi du point de vue de la stratégie de commercialisation.

Quel est l’objectif de ton stage ?

L’objectif est de fournir des références pour mieux accompagner les éleveurs bio qui engraissent à l’herbe, en s’appuyant sur les expériences d’autres éleveurs. L’étude permettra également de faciliter les échanges entre les producteurs et l’aval de la filière. On espère aussi pouvoir s’appuyer sur les trajectoires types identifiées pour avoir une idée des productions de viande bovine bio à venir.  

Peux-tu nous expliquer ce qu’est une trajectoire dans le cadre de ton stage ?

Quand on parle de trajectoire, on fait référence à toutes les évolutions qui ont eu lieu sur la ferme au cours de la période étudiée. On s’intéresse au nombre d’animaux, aux nouveaux outils achetés, aux changements du calendrier de travail… c’est très varié. A chaque fois je vais poser trois questions à l’éleveur : comment c’était avant ? comment c’est maintenant ? Et pourquoi est-ce qu’il a choisi de faire tel ou tel changement ?

Quelles sont les principales étapes de ton stage ?

Dans un premier temps, je vais procéder à un état des lieux de ce qui est fait actuellement et m’imprégner des réalités de la filière viande bio et du territoire du Massif Central.

Ensuite, je vais identifier une quinzaine de fermes que je souhaite analyser selon différents critères pour ensuite pouvoir me rendre sur le terrain et m’entretenir avec le ou la producteur.trice.

Pour finir, il faudra que je procède à l’analyse des résultats et que je les diffuse sous forme de livrables.

Peux-tu nous en dire plus sur ces critères de sélection ?

Il faut bien évidemment que les exploitations choisies soient sur le territoire du Massif Central et en production bovin allaitant Bio. Il faut que leur conversion ait fait l’objet d’un diagnostic initial, et qu’elle soit achevée, afin que je puisse faire une comparaison entre le moment où elles étaient en conventionnel et leurs débuts en bio. Il faut également que les agriculteurs.trices engraissent au maximum à l’herbe leur cheptel et, bien sûr, qu’ils soient volontaires pour participer à cette étude .

Quelles ont été tes motivations pour candidater à ce stage ?

J’avais envie de faire un stage pour encourager le développement d’un type d’élevage qui fait sens pour moi. Ce stage valorise les prairies qui sont de base difficilement valorisables autrement que par l’élevage et qui sont considérées comme des réserves de biodiversité. Il permet aussi de développer une filière qui produit et vend localement des produits respectueux de l’environnement, ce qui me parle. Les paysages du Massif Central m’ont aussi attirée.

As-tu une idée de ce que tu aimerais faire après ton diplôme ?

J’ai deux idées :

  • Être pendant un an salariée agricole pour connaître les « sensations » du terrain. L’idéal pour moi serait d’être sur une ferme en polyculture élevage.
  • Ou pourquoi pas faire du conseil et accompagner les agriculteurs.trices.