Le projet BioViandes

Les enjeux

Le Massif Central est un bassin majeur de production de viande bio: il accueillait fin 2015 près de la moitié des cheptels bovins et ovins allaitants conduit en AB des quatre régions concernées par ce territoire: Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Nouvelle Aquitaine et Occitanie. C’est une situation à mettre en avant et une opportunité à saisir pour les filières viandes bio du Massif Central, dans un contexte de marché porteur: ainsi, en 2016, la viande entrait pour la première fois dans le top 5 des produits biologiques les plus consommés. Mais les difficultés pour les systèmes allaitants bio sur le Massif Central sont nombreuses: coût de production plus important en zone de montagne, prix élevés des aliments en AB, difficulté à répondre pleinement à la demande ( exemple: pas de marché en bio pour la viande maigre…)

Par une approche à l’échelle du système de production, BioViandes veut apporter des réponses concrètes pour renforcer les capacités des éleveurs  bio du Massif Central à produire durablement de la viande, au maximum à l’herbe, ressource majeur de ce territoire, tout en intégrant les attentes du marché.

Par ailleurs, les filières viandes biologiques en plein développement ont des contraintes fortes, en particulier sur le Massif Central, avant tout terre de production d’animaux en vif: variabilité en termes de volume ou de qualité des carcasses bio, manque de moyens d’abattage ou de transformation certifiés en AB… Favoriser les économies d’échelle et optimiser les circuits de collecte et de transformation sont donc des enjeux importants pour les filières viandes bio du Massif Central, si elles veulent une juste rémunération de chacun de leurs maillons et un prix maîtrisé pour le consommateur.

BioViandes travaillera donc à développer des débouchés rémunérateurs pour tous les acteurs en adéquation avec les potentiels de production des éleveurs biologiques du Massif Central et à lever certains freins à la structuration des filières sur ce territoire.

Les actions et les principaux résultats attendus

Action 1:

Renforcer l’approche collaborative pour le développement des filières viandes bovines et ovines biologiques à l’échelle du Massif Central, avec deux sous-actions:
Action 1-a: Animer et agir à travers un espace collectif, le GETAB Viande.
Action 1-b: Travailler sur la faisabilité et le développement d’outils et/ou démarches collaboratifs en réponse à des freins au développement des filières bovines et ovines biologique du Massif Central.

Principaux résultats attendus

Au niveau du fonctionnement de la dynamique collective du Massif Central : l’élargissement du collectif par l’intégration d’un plus grand nombre d’acteurs dans le GETAB Viandes :

  • l’amélioration de l’articulation entre le GETAB Viandes et les organisations d’acteurs en région et au niveau national dédiées au développement des filières viandes biologiques.
  • La collaboration renforcée au sein du collectif GETAB Viandes via des habitudes de travail partagées et des process, voire des outils communs.

Au niveau du développement concerté des filières viande biologique à l’herbe du Massif Central (volet actions collectives):

  • La mise en place d’articulations entre ce projet et les projets en cours aux niveaux régional, Massif Central et national sur des thématiques touchant à l’objet de BioViandes Massif Central.
  • Le partage et la diffusion renforcés d’expériences et des connaissances.
  • La proposition de méthodes, voire d’outils pour lever collectivement deux freins déjà identifiés à la structuration des filières viandes biologiques Massif Central : i) le
    manque d’anticipation sur les volumes et les types de viandes produites, et ii) la faible connaissance sur les prix pratiqués aux échelles Massif Central et régionales à l’achat de
    viande en sortie d’exploitation.
  • La proposition de pistes pour d’éventuels nouveaux débouchés, par exemple pour le maigre biologique.
  • Le pilotage de la Tranche 1 et la construction des actions à mener en tranche 2 du projet BioViandes.

Action 2:

Contribuer à lever les freins techniques et économiques pour la production de bovins et ovins biologiques engraissés valorisant au maximum les ressources fourragères à base d’herbe, avec deux sous-actions :

Action 2-a : Travailler sur les systèmes d’élevages durables et des itinéraires techniques innovants (Ex. : via le projet SALAMIX – INRA pour la production d’animaux
finis en majorité à l’herbe répondant aux besoins du marché biologique.

Action 2-b : identifier, capitaliser et diffuser les pratiques des éleveurs en terme de finition majoritairement à l’herbe mobilisables en élevages biologiques sur le
Massif Central.

Le renforcement des capacités des éleveurs à engraisser à l’herbe, avec des systèmes durables tout en répondant aux besoins du marché, sera atteint via :

  • la mise à disposition d’éléments de conseil (ex. : des références à l’échelle des systèmes, connaissances sur certaines pratiques comme le croisement avec des
    races plus précoces…) mobilisables par l’amont et le développement pour accompagner les agriculteurs aujourd’hui.
  • la mise à disposition d’éléments de prospective, de réflexion pour le développement à moyen et long termes de systèmes plus résilients face aux aléas
    (climatiques, économiques).
  • la mise à disposition d’une méthodologie permettant à l’ensemble des acteurs de la filière de travailler à faire co-évoluer offre et demande, en s’appuyant sur les
    ressources du Massif central et de renforcer la résilience de l’ensemble des maillons de la filière.
  • une amélioration de l’accès aux connaissances et innovations, issues de la recherche mais aussi de l’expertise terrain.

Action 3:

Travailler au développement des débouchés pour la viande biologique à l’herbe avec trois sous-actions :

Action 3-a : Travailler sur la perception par les consommateurs et les distributeurs de la viande biologique produite majoritairement à l’herbe sur le Massif Central.

Action 3-b : Travailler au développement de la vente directe de viande bovine et ovine biologique produites majoritairement à l’herbe.

Action 3-c : Travailler au développement des débouchés en circuits longs pour la viande bovine et ovine biologique produites majoritairement à l’herbe.

Le renforcement des débouchés se fera, pour cette action, via :

  • l’identification de freins à l’acte d’achat et la réalisation puis mise à disposition des acteurs des filières d’éléments d’argumentaire, étayés sur des bases fiables
    (ex. résultats de recherche) pour y répondre.
  • l’identification de besoins, freins, manques… à la structuration des filières pour alimenter ou développer des débouchés (ex : manque d’infrastructures
    d’abattage ou de transformation dédiées à l’AB, manque de liens avec les producteurs, besoins d’échanges d’expériences…) et selon possibilité, propositions de pistes d’actions ou d’actions.

Autant que possible, les solutions proposées à l’issue de cette tranche seront réfléchies en intégrant les résultats du projet VALOMAC, le but étant d’appuyer la dynamique issue de ce dernier.

Action 4:

Pilotage généraol et communication, avec quatre volets:

Action 4-a : Animation transversale du projet

Action 4-b : Communication

Action 4-c : Suivi administratif et financier

L’Action 4 vise à la bonne réalisation du projet et à communiquer sur ce dernier et ses résultats.

Les partenaires du projet

Coop de France AuRA, le Réseau FRAB AuRA, Cluster Bio, les chambres régionales des quatre régions du Massif Central, FEDER, BIO
BOURGOGNE, InterBio Nouvelle Aquitaine, Bio 46, l’APABA, la FRAB Nouvelle Aquitaine, les établissements d’enseignement agricole de St
Genest Malifaux, de St Flour et de Tulle-Naves, ABioDoc-Service de VetAgro Sup, ITAB, IDELE, ISARA, INRA, SICABA, UNEBIO et le Pôle AB Massif Central.